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L’été de mes presque 31 ans

La maladie physique ça se voit, ça se touche même. La maladie mentale, ça se ressent seulement. Et bien souvent, l’une engendre l’autre. C’est de ça que j’avais envie de vous parler, de l’anxiété relié à la maladie.

Je le sais depuis longtemps que ça risque fortement de m’arriver, un jour ou l’autre. Cependant, la naïveté et la distraction, à moins que ce ne soit de l’aveuglement volontaire, sont des stratagèmes assez efficaces chez moi.

Puis un jour c’est tombé, comme une enclume sur la tête de ce coyote un peu stupide dans les dessins animés. En fait, c’est exactement comme lui que je me sens. Ça s’est passé durant l’été, j’avais encore 30 ans, mais presque 31.

Non seulement cette chose qui avait élu domicile dans mon corps était un sale crabe, mais elle a été accompagnée d’une lourdeur qui s’est installée sur la totalité de mon corps. Il y a eu aussi l’apparition d’une espèce de boule dans le creux de ma gorge. Elle était juste assez bien placée pour me donner des petites nausées, une étrange sensation de panique et des larmes toujours très proches des yeux, mais juste assez discrète pour ne pas m'empêcher de fonctionner.

Puis, les jours se sont succédés. Des jours de douleur, de fatigue, de joie, de peine, puis même de victoire. Puis, après ça s'est terminé. Enfin, vu de l'extérieur, c'était fini. Les jus qu’ils avaient fait couler dans mes veines avaient fait leur travail et tout avait disparu de la surface de mon crâne aussi. Même le crabe lui même s'était en allé.

Le printemps était donc revenu graduellement, laissant les marques visibles pendant un certain temps, comme pour rappeler aux autres l’épreuve de laquelle on revient. Et doucement, petit à petit, ces vestiges se sont estompés également. Mais, s’estompent-ils vraiment complètement?

À l’intérieur, la boule est toujours là et que dire de la lourdeur? Elles ne sont pas visibles par les autres, mais croyez-moi, elles sont là. Pas toujours, mais parfois, certaines journées... C’est pendant ces journées que je ressens cette peur viscérale m’envahir. Parfois, je suis capable de la soulager par la parole ou encore l’écriture, mais souvent (peut-être trop souvent) je fais le choix de la taire, comme si je voulais éviter de lui donner réellement vie, qu’elle ne se matérialise.

C’est elle qui, l’été de mes presque 31 ans, m’a tenue la main pour passer à travers cette tempête. Je me fais donc un devoir de la voir ainsi, car sinon j’ai trop peur qu’elle m’envahisse pour de bon et que la lumière n’ait plus sa place.

Car cette peur qui me paralyse au plus profond de mon âme, c'est aussi celle qui me donne le courage d'aller de l'avant.

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Rédaction : Marie-Elaine Bélanger