Aimer ses cicatrices

janvier 05, 2022

Aimer ses cicatrices

J'ai toujours été de celles qui acceptent leur corps tel qu'il est...la plupart du temps. 

Si on m'avait dit un jour qu'un pépin de santé allait totalement changer ma vision et ma perception de mon corps, je n'y aurais pas vraiment cru! Naïvement, je me sentais un peu à l’abri de tout. La maladie, ça n’arrive qu’aux autres non?

En 2019, à 36 ans, la vie en a décidé autrement. 

Un cancer du sein est venu tout chambouler. 

Au-delà de la perte de mes cheveux due à la chimiothérapie et de brûlures au torse par la radiothérapie, j'ai dû subir une mastectomie partielle du sein touché. Une chirurgie étant ce qu'elle est, je suis restée avec des cicatrices, plusieurs cicatrices. Mais aussi avec une forme et un format bien différent de ce qui était auparavant.

Il m'a fallu du temps pour absorber le choc. 

Au début, me regarder dans le miroir relevait du défi. Je détestais mon corps: pour ce qu'il était devenu, pour ce qu'il me faisait traverser, pour les moments difficiles qu’il me ramenait à l’esprit à chaque fois que je le regardais. 

On dit que le temps apaise les blessures. C’est tellement vrai. 

Avec le temps, les cicatrices sont devenues moins apparentes. Mes cheveux ont repoussé. Je suis passée à travers une deuxième chirurgie pour "équilibrer" le tout. Mon regard sur moi-même a changé.

Au-delà de l'apparence, j'ai appris à aimer mon corps avec ses cicatrices et ses marques, témoins de ce grand combat que j’ai mené. Je n'avais eu qu'une seule mission: sauver ma peau, peu importe le prix. Maintenant, je sais que ces cicatrices et changements sont porteuses d'espoir, de force et de résilience. Ces cicatrices démontrent tout ce que l’on est prête à faire pour se sauver la vie. 

Le temps passe et bien que cela puisse sonner cliché, oui, il guérit les blessures. Je retrouve confiance en mon corps et je suis reconnaissante pour tout ce qu’il me permet encore de vivre. 

Le soleil est finalement revenu, tout comme mon sourire lorsque je me regarde dans le miroir.

Marie-Claude Larivière




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